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Legs et Littérature

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Bernhardt et Charles : une nacelle de rêves « Pour que l’espérance demeure»…

Publié par Webert Charles sur 25 Octobre 2012, 20:45pm

Bernhardt et Charles : une nacelle de rêves « Pour que l’espérance demeure»…

Ce quinze octobre, avec son actuel camarade de plume l’Haïtien Webert Charles, la poétesse française Denise Bernhardt édite « Que l’espérance demeure ». Ce dernier constitue son cinquième livre coécrit et publié avec un Haïtien donc, son premier avec Webert Charles. Si l’on fait mention de « Ma nacelle de rêves », sous presses à Montréal aux Éditions des marges, la poétesse aura à signer au moins deux livres pour cette fin d'année. Bernhardt a déjà sorti « L'amour du monde et La vie en marelle » avec l’Haïtien Duckens « Duccha » Charitable puis, s’en sont suivis « La face double du rêve » et « Tremblement de cœur » avec le hinchois Yves Romel Toussaint.

Denise Benhardt, comme susmentionné, a également « Ma nacelle de rêves » en cours au Canada aux Éditions des marges. Une lecture du manuscrit "Le temps des sortilèges",devenu « Ma nacelle de rêves » (sous presses aux Éditions des Marges au Canada) nous avait permis de remarquer un certain chassé-croisé très marqué, à la fois contradictoire et complémentaire, d’où la contradiction du couple jour/nuit n'est pas sans rapport avec « Promesse » de feu René Philoctète. En termes de thèses et d’antithèses, la dynamique thématique de "Ma nacelle de rêves (ci-devant Le temps des sortilèges)" recoupe "Promesse" de Philoctète.

Chargée de forces incantatoires, la parole poétique de Bernhardt est donc perçue comme étant matière première d'où il faut repétrir ou, mieux, substance pure à partir de laquelle il s'agit d'extraire un monde neuf. Voilà ce que nous avions lu dans le manuscrit de "Le temps des sortilèges (maintenant Ma nacelle de rêves ): « Le temps viendra/Où les mots couleront vers nous/Ruisseaux chargés d'amour/Dans l'apothéose des blanches floraisons/Ils chasseront la nuit/Hors des murs de la ville/Ils ouvriront les prisons/Que l'eau investira/Pour la grande métamorphose/Et la mort s'enfuira/Comme une louve/Abandonnant sa proie (p. 10) ».

Le tambour, élément rituel de premier plan du vaudou, d'où, peut-être, le titre « Rituel » de la première partie du premier manuscrit (Le temps des sortilèges)du texte (Ma nacelle de rêves) sous presses au Canada, est présent dès les tout premiers vers. On le sent bien, l'évocation du tambour répond, encore une fois, à une double fonction d'instrument de ralliement et de multiples conjurations. En tant que tel, revigore-t-il les corps délabrés en leur transmettant tout le flux d'énergies positives qu'il charrie. Conséquemment, à mesure que ses cosmiques ondes de choc baissent en intensité, les corps s'immobilisent, enlisés dans le temps et l'espace : « Quand peu à peu/Se taisent les tambours/Et que les corps s'immobilisent/Au-delà du plaisir/Dans la profusion des semences lactées/Les paupières se ferment au monde redouté (p.6 ; du manuscrit ci-drevant intitulé Le temps des sortilèges) ».

Par-delà le temps, l'espace et l'océan, l'auteure de "Ma nacelle de rêves"(ci-devant Le temps des sortilèges) se parle et tende la main à un îlien. En des termes plaçant le lecteur au cœur du réalisme merveilleux d'Haïti, elle exhorte son interlocuteur insulaire à la patience démiurgique comme le jeune Champollion en présence de l'écriture hiéroglyphique.

L'auteure française semble vouloir rappeler une chose essentielle : l'accès à l'incandescente lumière de la co-naissance, véritable dépositaire de l'espérance, d'où, probablement, le titre métaphorique de la 2e partie « Ma nacelle des rêves », est fruit d'un lent et long cheminement : « Interroge le vent/ Déchiffre les calligrammes/Des constellations/Scrute le fleuve/D'où s'échappe le temps/Dans une perpétuelle agonie/Écoute le murmure des vagues/Quand la grève a bu/L'incendie du jour/Et tu sauras pourquoi/La mer m'a portée/D'un souffle sans retour/De la pâle Europe/Jusqu'à ton île caribéenne (p. 27) ». Il est donc à souligner que c'est le titre du 2e chapitre du premier manuscrit Le temps des sortilèges qui est devenu le titre même du receuil "Ma nacelle de rêves ".

Si nous nous en tenons au manuscrit "Le temps des sortilèges", on peut en conclure que, dans "Ma nacelle de rêves", la poésie de Denise Bernhardt dégage le même parfum d'amour manqué décliné dans les quelques chapitres de Cantique des cantiques du roi Salomon. Denise Bernhardt, en sa qualité de Sociétaire des poètes français, avait dédié "Le temps des sortilèges" à Haïti en ces termes : « Que ce que m'a donné Haïti retourne en Haïti ». À elle seule, cette dédicace justifie plein de choses. Espérons que cette dédicace (naguère lue dans Le temps des sortilèges) figure encore dans "Ma nacelle de rêves".

Antoine-Hubert Louis

antoinhubert@hotmail.com

Source : Lematin/wwww.lematinhaiti.com

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